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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 11:15


 
Article paru dans la presse de la Manche (25.10.09.)


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Cheval : Michel Thoury s'inquiète sur la compétitivité normande

La Basse-Normandie a été déclarée "pôle de compétitivité" pour le cheval. Pourtant, des villes dans d'autres régions se bougent : Lyon, Bordeaux, Pau, Saumur, parfois avec l'aide de l'Etat. Michel Thoury, conseiller régional, s'inquiète.

Jeudi, lors de la première journée de la session du conseil régional, Michel Thoury, maire de Saint-James, élu de la Manche à l'assemblée, avait eu cette alarme à propos du cheval en Normandie : "Il y a le feu au lac". Pourquoi l'élu s'inquiète-t-il à ce point, alors que la Normandie a été reconnue par l'Etat comme "pôle de compétitivité pour le cheval", que la Région a été retenue comme organisatrice des Jeux équestres mondiaux sur son territoire en 2014 ? Et qu'elle est la première des régions de France tant pour les races de course que pour les chevaux de selle ? Impossible de trouver mieux.

"Une réputation, ça se défait, s'alarme Michel Thoury, et le pôle de compétitivité, ce peut n'être que des mots". Or, dit-il, depuis 2004, il n'y a pas eu d'idée nouvelle et pire, les deux haras de Saint-Lô et du Pin sont "lâchés" par l'Etat. Cela se préparait depuis longtemps puisqu'on avait rencontré Jean Glavany, du temps où il était ministre de l'Agriculture (entre 1998 et 2002), qui ne nous avait pas caché qu'il allait arrêter la gestion des haras par l'Etat. A son retour au pouvoir, la droite s'est située sur la même ligne. Pour nous, la filière équine est une filière majeure : 10 000 emplois, 90 000 chevaux et autres équidés, 180 000 hectares occupés. Mais au niveau national, ça n'a pas la même signification."

Il fallait trouver des solutions. Il y a eu le Centre de promotion de l'élevage à Saint-Lô, qui accueille en septembre le Normandie Horse Show. "Et nous avions négocié un vrai projet, pour faire du Haras du Pin, qui est emblématique aussi bien au niveau international qu'au niveau national, un pôle d'information sur le cheval et un centre de formation de très haut niveau... On a tergiversé, rien ne s'est fait. Dommage."

Normandie, ton cheval fout le camp


Et c'est d'autant dommage que la concurrence s'installe, tranquillement, sans que la Normandie réagisse. L'habitude de "péter dans la soie !". Mais c'est terminé maintenant ! "Nantes, qui a une école vétérinaire (ce que la Normandie n'a pas), monte son Cirale, le centre d'imagerie médicale comme le nôtre, avec des équipements plus pointus. Nous ne sommes plus les seuls en Europe, ni même en France. Dans les projets de la réforme des haras voulue par l'Etat, ce n'est pas la Normandie qui est retenue pour regrouper toutes les formations du cheval, mais Saumur. Et alors que la Normandie va accueillir les Jeux équestres mondiaux de 2014, c'est Lyon qui devient le grand Salon du cheval en Europe... A quel titre ? s'indigne Michel Thoury. Simplement parce qu'on est des chiffes molles !"

"On continue, dit-il. En 2004, on avait voulu un grand pôle commercial autour du cheval, entre Deauville et Cabourg. Le projet était mené avec Décathlon. Il se construit à Cluny en Bourgogne... avec l'appui des haras nationaux !" En veut-on encore ? "Bordeaux s'est doté d'un grand concours, et Pau est devenu un grand centre pour le galop et le saut d'obstacles."

Une question de volonté et d'imagination

"Il y a vraiment le feu au lac" résume Michel Thoury. Pourtant, on a des atouts majeurs, une vraie culture du cheval. "40 % de la masse des saillies viennent des demandes des éleveurs locaux, ceux que j'appelle les éleveurs à casquette, qui possédent de tradition quelques juments poulinières. Ceux-là ont un chromosome de plus qui se termine en fer à cheval ! ça n'existe nulle part ailleurs. Il faut s'appuyer sur eux pour l'avenir."

Autre aspect : "60 % des résultats à Fontainebleau proviennent de la circonscription du haras de Saint-Lô... On ne peut pas laisser filer cette qualité de premier ordre." Michel Thoury appelle à l'imagination, ce qui n'exclut pas le réalisme. Le bel équipement du CPE (Centre de promotion de l'élevage) de Saint-Lô ne fonctionne pas à plein." Il ne faut pas se limiter à quatre ou cinq manifestations par an. Quand on investit aussi lourdement, il faut en faire un outil phare. L'hiver, les cavaliers sont libres, les concours nationaux sont terminés. Les acheteurs sont disponibles. Il faudrait à Saint-Lô un meeting d'hiver du cheval de selle de niveau national, qui dure de décembre à mars, avec animations quotidiennes et ventes de chevaux. Financièrement, c'est une enveloppe de 4 à 500 000 €, la moitié moins que ce que coûte le Ride à Deauville. Pour toute la profession, il n'y aurait de cheval de sport que de Normandie. Et quand je vois l'hippodrome de Caen et la Prairie, avec le cadre historique de la ville, je ne comprends pas que le grand Salon européen du cheval soit à Lyon !".

Entre déception et espoirs, Michel Thoury lance un appel à son président de Région, Laurent Beauvais : "Il est grand temps de réunir un comité de salut public du cheval normand avec les départements et les instances de la filière équine. Avec une seule et belle idée, celle qui a conduit à la candidature retenue des Jeux équestres : réussir".

 

Par Michel Thoury - Publié dans : Actualité
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