Le blog de Michel Thoury

Allocution de Monsieur le Maire Michel THOURY en l'église de Saint-James à l'occasion des obsèques du Docteur Louis RAVALET.

"L’homme que nous pleurons est un véritable homme de bien ; un citoyen et pour moi un ami et un maître.

Avec Marcelle son épouse, c’est lui qui m’a accueilli à Saint James en 1973.

Ce couple distingué a mis au monde trois enfants : Catherine, Françoise, Loïc ; un médecin, un pharmacien, un professeur.

Dès mon arrivée à Saint James, il m’a accueilli alors que je m’installais comme chirurgien dentiste, il avait déjà fondé une des toutes premières maisons médicales rurales de France. Il le fit avec Jean Claude Geffroy puis Louis Giovannoni.

Cet homme de taille moyenne, élégant, m’a tout de suite impressionné : sa forme physique, son hyperactivité, la franchise de son beau regard bleu viking, son besoin d’arborer le béret de chasseur alpin, inspiraient confiance.

Le Dieu intérieur dont Claude Bernard parlait à Pasteur, c'est-à-dire l’enthousiasme de Louis, m’a envahi : il était contagieux.

Je suis entré dans la vie citoyenne grâce à lui ; en 1977 au second tour d’une élection, en présentant sur son conseil une liste complémentaire. Louis et moi avions la même vision de la chose publique ; elle retrouvait d’ailleurs le point de vue de notre ami commun, Louis Rabel, ce pharmacien humaniste qui a tant œuvré aussi au service de tous.

Louis Ravalet avait déjà modernisé notre hôpital local avec son ami le directeur Monsieur Sida. C’est lui qui a créé le centre d’accueil et de soins pour handicapés profonds. C’est lui qui initia la maternité. C’est lui qui suggéra la création du CAT et de l’atelier protégé.

Cet ami est entré en médecine contre l’avis de son père qui aurait souhaité qu’il fut vétérinaire.

A cette époque, la médecine était encore la médecine de l’urgence. Il fallait faire les accouchements à domicile, il fallait faire face aux fractures, luxations, hémorragies, accidents de toutes sortes. C’était le lot du médecin de campagne, qui avec l’arrivée des antibiotiques, commençait en même temps à dominer et guérir les maladies infectieuses.

La sacoche qui accompagnait Louis était un véritable SAMU.

Cette époque fut l’époque glorieuse du médecin, assurant tout seul des soins de qualité, répondant à tous les appels, de nuit comme de jour, les dimanches comme les jours fériés. Le médecin de ce fait était reconnu. Louis Ravalet plus que tout autre a mérité de recevoir cette gratitude de toute notre population.

Sa vie familiale est exemplaire. Marcelle son épouse a abandonné son métier, pour l’aider dans sa tâche et pour faire de leur foyer un havre de paix et de bonheur.

Sa vie citoyenne fut intense et généreuse : dans le sport, la culture, l’histoire de son pays. Il fut également 39 ans médecin capitaine de notre corps des sapeurs pompiers.

Mon cher Louis, tu as franchi la frontière. Sur terre, il n’y a plus d’espoir. Ton départ me bouleverse et m’étonne encore. Voilà peu de jours je te rencontrais comme souvent à la Maison de la Presse où tu achetais tes journaux tôt le matin. La vie de la cité, la vie du monde, les nouvelles technologies, les progrès de la science et de la médecine continuaient d’occuper ta pensée comme avant.

Sur terre il n’y a donc plus d’espoir ; mais quand il n’y a plus d’espoir, il reste l’espérance.

Tu vas retrouver les cendres de tes amis Turner, concitoyens du Général Patton que tu as tant admiré lui le libérateur de Pontaubault.

Bill Turner était ce jeune aviateur américain abattu du côté de Céaux, recueilli et sauvé par tes parents et qui devint ton ami à jamais. Leurs cendres t’ont précédé dans votre tombeau familial et c’est là que commence le mystère donc l’espérance.

ALORS MON CHER LOUIS, AT DEUM, VA VERS DIEU, MON AMI."

 

 

Obsèques de Monsieur Louis Ravalet, le lundi 23 février 2009






  

Mar 24 fév 2009 Aucun commentaire